Marko Basa, le LOSC-symbole dans la peau

Auteur du second but lillois et décisif sur le premier, tout en « bouffant » Gomis en défense contre Lyon ce dimanche, le Monténégrin – pourtant toujours agité par ses adducteurs – ne cesse de séduire et s’impose comme un patron, mais aussi un symbole de cette saison qui s’embellit après des moments plus délicats. Analogiquement à celle du numéro 25.

En battant l’Olympique Lyonnais ce dimanche au Stadium Nord, le LOSC grimpe sur le podium de Ligue 1 avec l’enchaînement d’un troisième succès consécutif suivant ceux de Rennes et Auxerre. L’occasion de signaler que le Champion de France sortant est bien un candidat déclaré – sur le terrain au moins – à sa propre succession, et l’un des seuls à suivre jusqu’ici la cadence qu’impose l’ogre qatari-parisien. « Le titre ? Paris reste au-dessus du lot au regard de ses moyens, déclarait sobrement Eden Hazard après la rencontre. Ensuite, on va essayer de faire comme l’an dernier, de jouer notre carte à fond jusqu’au bout, de rester dans le peloton de tête le plus longtemps possible et on verra bien ce qu’il se passera. Ma performance ? J’aspire toujours à faire mieux mais le plus important demeure le collectif à mes yeux et de ce point de vue-là, cela a bien fonctionné ce soir, c’est ce qui prime sur le reste. » Tant collectivement qu’individuellement, les copies lilloises ont été bonnes ce dimanche au Stadium Nord : Sow a trouvé le chemin des filets, J.Cole aussi après son entrée en jeu, Hazard a régalé, Gueye a tenu le rythme au milieu de terrain, les latéraux Beria et Debuchy ont multiplié les allers-retours sur leurs ailes respectives… Mais il semble qu’un homme soit à légitimement sortir du lot : Marko Basa.

Un défenseur central impérial et décisif offensivement contre l’OL, malgré des adducteurs capricieux

Le défenseur central de 28 ans qui a profité de cette 11e journée de championnat pour inscrire, à l’aide de Bakary Koné dont la déviation du dos n’a pas dû aidé Hugo Lloris, son premier but de la saison en championnat. Lui qui en avait inscrit six lors de son passage au Mans (2005-2008), et ouvert son compteur au LOSC lors du Trophée des Champions contre Marseille. D’une tête opportuniste déjà, mais contre Lyon cela a pesé bien plus lourd. Car au-delà de ce coup de casque qui a donné l’avantage aux Nordistes à la 65e minute, un avantage qu’allait cadenasser Joe Cole vingt minutes plus tard, sur un coup-franc de Dimitri Payet, le Monténégrin avait déjà imposé son mètre 89 sur l’ultime corner de la première mi-temps : sa reprise du front voyait Lloris incapable de saisir le ballon devant Moussa Sow, égalisant d’une talonnade ingénieuse. Sur deux autres coups de pieds arrêtés, l’ex-sociétaire de l’OFK Belgrade avait sauté plus haut que tout le monde ; en vain. Une statistique anecdotique révèle d’ailleurs qu’il est le joueur lillois qui a le plus tenté ce dimanche contre Lyon. Après le match, Rudi Garcia glissait « Nous sommes contents d’avoir concrétisé sur deux phases arrêtées, cela démontre que le travail paye. » Le coach nordiste qui doit également se frotter de plus en plus plaisamment les mains d’avoir recruter le natif de Trstenik cet été.

S’il est difficile d’affirmer qu’il a remplacé Rami dans le cœur des supporters lillois, sur le terrain Basa est en tout cas l’incontournable nouveau patron de la défense du LOSC, et le symbole d’un Champion qui (re)monte en puissance

Ce grand gaillard au regard de feu couleur cristal qu’il avait déjà eu sous ses ordres au Mans, Rudi Garcia l’a fait venir au LOSC pour remplacer le charismatique et inoubliable Adil Rami. S’il est difficile d’affirmer que Basa, aussi discret que son prédécesseur était extraverti, a remplacé l’ancien numéro 23 dans le cœur des supporters, il l’a en tout cas parfaitement suppléé sur le terrain. Son air de chien enragé, mignon hors-terrain mais qui devient affamé et sans muselière sur les pelouses de l’hexagone et européennes, se caractérise par une hargne qui allie l’engagement, l’efficacité et la propreté (seulement un carton jaune en dix-sept matchs officiels cette saison !), ainsi qu’un appétit offensif apparent, aussi bien sur coup de pieds arrêtés de la tête, que dans le jeu dans sa manière de relancer ou se déplacer sur le terrain. Hier soir, l’ancien joueur du Lokomotiv Moscou n’a fait qu’une bouchée de Bafétimbi Gomis, pourtant l’homme en forme de ce début de saison lyonnais et meilleur buteur du championnat (6 réalisations), et pesé directement sur deux des trois buts inscrits par le LOSC… Alors qu’il était incertain jusqu’au coup d’envoi en raison de nouvelles douleurs aux adducteurs ! Parfois pointé du doigt, notamment lors de la succession de matchs nuls lillois en septembre, en tant que patron d’une défense amorphe, il revit aujourd’hui. A l’image du LOSC, malgré des adducteurs encore capricieux, et des errances de son arrière-garde qui peuvent encore se payer cash, comme en Ligue des Champions.

Au final, son association avec Aurélien Chedjou séduit – pour peu que les deux hommes puissent être alignés ensemble entre les pépins physiques – et Marko Basa a cette hargne dans toutes les phases de jeu, notamment offensive malgré son costume de patron défensif, qui fait elle-aussi craquer… tant ses supporters que ses adversaires. Reste à espérer que ça dure, tout comme la montée en puissance du LOSC qui arrive dans la lumière, comme son numéro 25.

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