SOS sérénité !
Par Charles Turcant le 24 sept 2010, dans RC Lens
C’est dans la peau d’un relégable qui a vécu une élimination compliquée sur et en dehors du terrain que Lens recevra le PSG dimanche soir. Malgré les belles paroles d’espoir répétées de Wallemme, la confiance collective semble bien elle aussi touchée.

De retour dans les plans de Wallemme, Kovacevic contredit son entraîneur lorsque ce dernier affirme pouvoir au moins compter sur un groupe collectivement motivé… Crédit photo : WL
La confirmation de Jean-Guy Wallemme dans ses fonctions à l’égard des rumeurs médiatique annonçant l’arrivée imminente de Jacques Santini, après un nul arraché au finish sur la pelouse de Valenciennes samedi dernier (égalisation de Boukari à la 90eme minute, score final 1-1) ; puis dans la foulée une politique de gentleman mise en place par Gervais Martel auprès de ses cadres –Toifilou Maoulida, Eric Chelle en attendant probablement entre autre Marco Ramos- consistant à les faire prolonger en vu d’un départ rémunéré en fin de saison : on sentait un certain esprit solidaire dans les rangs artésien entre les dirigeants et les joueurs, malgré un début de championnat houleux qui les fait actuellement pointer à la dix-huitième place avec un seul succès contre Arles-Avignon lors de la deuxième journée. Mercredi en début de soirée, l’élimination d’entrée au stade des seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue à Monaco 1-0 a remis un coup au moral Sang et Or, même si Jean-Guy Wallemme avait d’avance joué les législateurs pondérés mardi : « Les joueurs sont concentrés sur notre objectif premier qui est le championnat. Mais on sait très bien que le meilleur moyen de préparer Paris sera de faire un bon résultat –ou au moins un bon match- à Monaco. On est en difficultés en ce début de championnat, donc il est clair que Paris est prioritaire. Même si on va respecter le match à Monaco. »
« Un grand doute s’installe et ce n’est pas bon car on n’en a même pas discuté entre nous. Je n’arrive pas à expliquer ce qui ne va pas. » N.Kovacevic
Après la rencontre le coach nordiste a de nouveau détourné les critiques légitimes sur le jeu de son équipe en abordant parallèlement le manque d’ambiance, l’excellence amplifiée de Ruffier et ses partenaires, ainsi que le mauvais sort qui hante ses troupes : « Je n’ai pas l’impression d’avoir assisté à un match de Coupe. Dans un stade vide, sans ambiance, c’est toujours délicat de se motiver. Nous avons eu plusieurs opportunités en première mi-temps. Dans le haut niveau, c’est toujours important d’ouvrir la marque, ce que nous ne parvenons pas à faire actuellement. Encore une fois, quand l’homme d’un match est le gardien adverse, notamment quand il s’appelle Ruffier, cela veut tout dire… A force d’échouer devant le but, les nerfs commencent à lâcher, et l’on perd de la sérénité et de la lucidité. Résultat : on donne encore le bâton pour se faire battre à l’adversaire sous la forme d’un penalty. Nous n’avons pas été assez agressifs sur l’aspect offensif, et l’on fait encore trop peser le poids du match sur notre défense. Et comme avec nous, la moindre erreur se paie toujours cash (…) Maintenant, il faut bien récupérer avant de recevoir le PSG. Dimanche, il faudra confirmer notre bonne sortie à Valenciennes, notamment concernant l’état d’esprit. » Un état d’esprit que glorifie Wallemme, mais que les joueurs ne semblent pas entendre tout à fait de la même oreille ! « Un grand doute s’installe et ce n’est pas bon car on n’en a même pas discuté entre nous. Je n’arrive pas à expliquer ce qui ne va pas, je ne peux pas vous le dire car moi-même je ne vois pas. On joue bien mais ce n’est pas suffisant. Je pense qu’il nous manque un rythme élevé dans la durée du match. C’est difficile physiquement, ce n’est que mon deuxième match cette année. Quand je joue au foot, je ne veux que la victoire donc la situation est difficile à vivre pour moi », a confié Nenad Kovacevic.
Un retour plus épuisant que le match contre Monaco !
Il est vrai que tout s’enchaîne mal pour les Lensois, qui ont eu toutes les peines du monde à rallier le Pas-de-Calais après leur revers sur le Rocher mercredi soir. Alors qu’ils auraient dû rentrer rapidement dès la sortie du Stade Louis II par avion, une panne de réacteur a chamboulé l’organisation initialement prévue, obligeant à l’improviste Wallemme et son staff à trouver un hôtel susceptible d’accueillir la délégation artésienne. Au terme d’une nuit agitée, c’est la grève générale prévue ce jeudi qui est venu contrarier le RCL, contraint d’effectuer un décrassage matinal dans la région de Nice, avant de prendre la route aérienne de Lens vers 16 heures. Dans l’impossibilité d’atterrir à Lille-Lesquin en raison des mouvements grévistes, Maoulida et ses partenaires se sont posé à Bruxelles avant de finir cet ubuesque voyage par deux heures autocar. Les voyages forment la jeunesse paraît-il… Reste à voir avec quel panache l’ancien Marseillais et ses partenaires fouleront la pelouse de Bollaert dimanche soir face au Paris Saint-Germain, également en confiance balbutiante avec un léger déclin subséquent un départ mirobolant en tête du championnat. A court et moyen terme, on attend juste un regain de confiance –et de points analogiquement bien sur ! – avec Wallemme ou non aux commandes, tandis qu’à plus long terme les projets se mettent en place administrativement.
« Soyons intelligents… » G.Martel
Même s’il doit commencer à prier tous les soirs que son club ne connaisse pas une seconde relégation en Ligue 2 sur quelques années et qu’il se force à y croire, Gervais Martel a d’ores et déjà par ailleurs clamé son opposition à la possibilité de retrouver un championnat de France à 18 clubs, ce que souhaite certains dirigeants hexagonaux comme le Marseillais Jean-Claude Dassier. « Dix-huit clubs, c’est tellement facile comme idée. Cela veut dire quatre clubs qui descendent. Il faut les aider financièrement en conséquence, en fonction de leur passé en L1, leur affluence, leur identité. La Premier League le fait. Le foot français en est incapable. Soyons intelligents, » s’est exprimé le boss artésien, conscient que son club s’en ressent encore financièrement de la relégation en fin de saison 2007-2008. Cette prise de position comme traduisant indéniablement la frousse de Martel à voir SON club retrouver le second étage du football français dénonce un symbole de plus traduisant bien l’angoisse qui habite le RCL actuellement, et qui est probablement l’un des poids négatifs pouvant faire pencher tous les week-ends la balance d’un rien du mauvais côté.
Commencer par retrouver en interne et médiatiquement cette confiance collective dont parle Wallemme sera déjà un bon point, les résultats seraient susceptibles de suivre, redoublant ainsi le taux moral des troupes… C’est un cercle vicieux positif dans lequel doivent s’engager les Sang et Or, non loin du négatif où ils tournent actuellement douloureusement en rond…







