Bosnie-Herzégovine 0–2 France : Le match de Rami
Par Charles Turcant le 07 sept 2010, dans Communauté, LOSC
Première victoire des Bleus dans ces éliminatoires à l’Euro 2012, et quelle victoire ! Elle a été obtenue avec la manière forte de la festivité dans une ambiance brûlante avec un public au taquet, parfois un peu trop, et des Bosniens ayant eux-aussi créés du danger. Mais Rami et ses partenaires ont veillé aux grains, et ont enregistré logiquement une victoire très riche pour la confiance et les étapes futures. Grande mention spéciale au défenseur du LOSC qui a été « magistral », comme l’indique T.Rolland.

Super match du défenseur des Dogues pour sa 3eme sélection, avec au final une victoire riche d’oxygénation dans ces éliminatoires ! Crédit photo : WL
Quatre jours après l’avilissant revers concédé au Stade de France contre la Biélorussie (0-1), Adil Rami et l’Equipe de France de Laurent Blanc se devait de faire bonne figure du côté de Sarajevo, contre la Bosnie-Herzégovine leader après son succès 3-0 face au Luxembourg dans le même temps. L’unique représentant nordiste présent dans le groupe tricolore, Yohan Cabaye étant repartit sur blessure après un appel en renfort la semaine passée, a gardé son habitude de rentrer sur la pelouse et chanter à cœur-joie la Marseillaise entre son partenaire de la charnière centrale Philippe Mexès, et le latéral gauche Gaël Clichy. Les deux hymnes respectifs, des discours des capitaines contre le racisme et pour le fair-play, et la partie débute sous les acclamations du public avec un premier ballon très rapide et très fort balancé par les locaux, mais Lloris réalise une première bonne sortie devant Rami, Clichy, mais aussi Ibisevic (1e). Sur l’action qui suit, les partenaires du gardien lyonnais obtiennent un corner frappé au premier poteau : Rami est monté à la lutte avec Nadarevic mais est un peu court pour dévier formellement la balle (2e). Il s’offre ensuite un premier duel aérien musclé aux abords de sa surface avec Dzeko sur une balle en cloche, et s’impose de la tête (5e). Puis c’est à nouveau sur un corner offensif qu’il se met en valeur : combinaison à la Rémoise de Valbuena et Malouda avec un centre du Blues de Chelsea au second poteau où Rami s’élève plus haut que Lulic, et le ballon finit en six mètres –selon l’arbitre, le doute est franchement permis- à quelques centimètres du poteau gauche d’Hasagic (8e).
Impérialisme total de la défense française qui n’a pas encaissé de but pour la première fois en trois matchs sous l’ère L.Blanc
Les Tricolores sont bien en place, avec notamment un tir repoussé par le poteau de Karim Benzema (12e), mais la Bosnie-Herzégovine tient bon, et se montre à son tour dangereuse sur un coup franc décalé à une vingtaine de mètre sur la gauche : Rami est à la lutte avec le grand buteur adverse –tant par la taille que le réalisme- Dzeko et le ballon arrive au-dessus d’eux, et l’originaire de Fréjus écarte le ballon de la tête, avant que celui-ci ne soit remis dans la surface et cette fois dégagé définitivement par Abou Diaby (14e). Solidaires dans le jeu et en mouvement constant, les Français continuent ensuite de se créer des offensives, Benzema expédiant cette fois un coup-franc dans le filet supérieur d’un pétrifié et chanceux Hasagic sur le coup (19e). Nouvelle révolte locale avec Ibricic qui accélère balle au pied dans le couloir droite de la défense française, déserté par Sagna : c’est Rami qui coulisse et se jette tacler avec engagement mais toute propreté le numéro 14 adverse. Malgré la pression des locaux, joueur comme supporters pour le plus grand agacement de L.Blanc, c’est bien une touche qui s’en suit et non un nouveau coup-franc plausible de danger. Superbe intervention de Rami donc, non-condamné à juste titre (22e) ! L’Equipe de France exerce un gros pressing, favorisant le jeu long du Lillois et ses partenaires, et minimisant ainsi le jeu court défensif habituel entre les arrières.
Un Rami « magistral » dans les airs, aussi bien offensivement qu’en défense, mais pas plus récompensé que ses partenaires d’attaque
Les grands ballons sont aussi nombreux côté bosnien, notamment sur un long dégagement effleuré par Misimovic dans le rond central et lobant Clichy qui a mal anticipé : Dzeko tente de nouveau de filer au but mais Rami se dresse devant lui et le coup du sombrero tenté par l’attaquant donne lieu à une parfaite protection de balle du numéro 4 français pour la sortie sereine d’Hugo Lloris (27e). Malgré quelques sursauts d’orgueil de la bande à Pjanic, celle d’Alou Diarra –capitaine du jour- a le monopole du ballon et des occasions dangereuses. Mais vainement : ni le tir dans un angle fermé de Benzema (28e), ni la tête de Mexès sur le corner qui suit, et même pas la tentative culottée et lointaine de lobe entreprise par M’Vila (29e) ne tromperont la vigilance d’un Hasagic loin de chômé, au même titre que les ramasseurs de balle derrières sa cage. Puis après cet enchaînement d’occasion, retour aux affaires défensives pour les hommes de Laurent Blanc, et Rami répond présent au bataillon : d’abord en renvoyant de la tête un centre de Misimovic vers Pjanic à l’entrée de la surface (37e), puis de l’extérieur un centre fort du Lyonnais dans ses six mètres, alors que Dzeko et Ibisevic rodaient dans les parages (40e). Avant la pause Valbuena et Malouda jouent un nouveau corner à deux, et le ballon et remis dans les airs en retrait pour M’Vila qui redonne de la hauteur au ballon immédiatement : le cuir retombe au second poteau où Lulic est trop court, mais Rami ne peut contrôler le ballon (44e)… Dommage !
L’ouverture du score de Benzema plante légitimement le clou pour les Bleus, Malouda l’enfonce peu après irrémédiablement
Revenus d’entrée de seconde période avec les mêmes intentions offensives, les Bleus sont toutefois confrontés à un considérable durcissement du jeu, et se montrent moins fringant. Défensivement ça tient toujours parfaitement, à l’image d’un centre à ras-de-terre d’Ibiric dans les six mètres dégagés avec classe par Rami qui lève son ballon et le renvoi immédiatement très fort, très haut, et très loin (58e). Il refait ensuite parler de lui devant en allant titiller Nadarevic qui est à son marquage sur un coup-franc de Malouda : le natif de Bastia est tout d’abord bousculé au sol par son vis-à-vis, mais il se relève, vient à son tour frôler à l’épaule et prend le meilleur dans le dos de toute la défense mais Diaby saute juste devant lui et décroise un rien trop sa tête (60e). La rencontre reprend ensuite un faux rythme avec ses Bleus incapables de concrétiser au tableau d’affichage une domination omniprésente, via notamment un Benzema virevoltant et non-récompensé de sa motivation… Jusqu’à ce qu’il réalise un exploit individuel dans la surface adverse sur un service de Clichy, avec une roulette qui mystifie Spahic, et un tir qui fait trembler les filets (0-1, 72e). Ultra-soulagés de cette ouverture du score, les partenaires de l’Ex-Lyonnais vont enfoncer rapidement le clou avec un autre ancien de l’OL, Florent Malouda, qui conclut un mouvement mené par Benzema, Diaby et Valbuena (78e, 0-2).
Première victoire aux nombreux bénéfices pour Rami et les Bleus de L.Blanc !
Le lutin marseillais (80e), au même titre que Benzema (82e), va ensuite frôler le troisième avec un tir croisé qui file devant le but. Le jeu des Bosniens est en train d’exploser, et cela va également être le cas d’un énorme pétard atterrissant des tribunes entre Mexès et Rami (83e) !! Le capitaine local Spahic prend la parole au micro pour condamner l’attitude des supporters, et la rencontre reprend pour les dernières minutes. Des dernières minutes qui ne donneront rien, malgré un tir de Benzema à trois mètres du but repoussé en corner (90+2e), et un centre de Matuidi filant devant le but sous le nez d’A.Diarra qui n’a pas suivit (90+3e)…
Qu’importe ! La victoire est au rendez-vous et c’est bien là la seule chose qui importe pour la nouvelle Equipe de France façon Laurent Blanc, bien qu’on ne manquera pas de noter la manière avec laquelle le succès a été ramené de Sarajevo !
Impossible de ne pas s’attarder également sur la performance d’Adil Rami qui était dans un de ses grands jours, se montrant ultra-performant dans le placement défensif -ce qui lui a permis d’écarter plusieurs ballons susceptibles d’amener le danger de la part des Bosniens aussi bien dans les airs qu’à terre sur des centres- et fournissant une solide prestation offensive avec plusieurs montées qui auraient pu payer sur corner, et un apport dans la relance incontournable.
Emblématique commentateur des Bleus, ce soir au micro sur l’antenne de M6, Thierry Rolland n’a pas lésiné d’éloge sur le numéro 4 français : « Très très bon match », avec « rien à redire », si ce n’est que Rami l’a « épaté » en étant « vraiment magistral » !
En attendant ses prochaines aventures internationales, qu’on espère tout aussi joyeuses que ce mardi soir, le traditionnel numéro 23 des Dogues retrouvera Lille demain après-midi afin de se remettre de ses émotions en vue du derby de samedi soir contre Lens… Qui s’annonce tout aussi chaud !







Bravo les bleus