L’incroyable dossier Loriot (qui finit bien !)
Par Charles Turcant le 05 sept 2010, dans Valenciennes FC
C’est tout sourire que Guillaume Loriot s’est engagé ce jeudi avec Valenciennes pour les deux prochaines saisons. Un sourire qui recouvre toutefois la fin de grosses angoisses et d’un mercato rocambolesque pour le désormais ancien milieu du Mans, qui s’est finalement engagé avec le VAFC dans la situation d’un joueur libre –ce qui explique son arrivée après la date de clôture du mercato au 31 août à minuit. Retour sur l’été de la dernière recrue des rouges et blanc…
Guillaume Loriot avant tout c’est depuis toujours, et ça le restera probablement éternellement, une figure du football manceau. Né dans le chef-lieu de la Sarthe, il a évolué au MUC 72 dès ses premiers touchers de ballons alors qu’il grandissait parallèlement à l’école élémentaire, jusqu’à passer professionnel à l’été 2005, année de la remontée du club parmi l’élite. Après trois premières saisons où il se contentera de 26 matchs cumulés, il prolonge son contrat de deux ans, mais décide d’aller acquérir une saison de temps de jeu à Clermont (28 matchs, 1 but) avant de revenir dans l’Ouest pour une belle année personnelle avec 21 matchs et la portée du brassard en fin de saison, mais une relégation au final pour son club de cœur… Alors en fin de contrat, le gaucher de 24 ans renouvelle son attachement au club avec lequel il a remporté la Coupe Gambardella en 2004 malgré la descente en Ligue 2, et décide de repartir pour un nouveau bail de trois saisons avec l’envie de retrouver la première division dans ce club qui entame son renouveau via une nouvelle appellation (Le Mans Union Club 72 devient Le Mans Football Club) et un nouveau stade qui arrivera à l’automne (le MMArena qui remplacera l’actuel Léon-Bollée).
Une prolongation de contrat avec Le Mans annulée pour 200 000 euros !
Le 23 mai dernier donc, soit à peine deux semaines après l’issue fatale de la saison 2009-2010 pour son club de cœur, Loriot affirme sa joie d’y avoir rempiler : « Je suis effectivement très heureux d’avoir prolongé cet après-midi pour trois ans. Les négociations ont duré un peu avec le club mais désormais c’est fait et j’espère aider l’équipe à remonter en Ligue 1. Je connais bien le club, je suis né ici… Mes amis sont ici, ma famille également, ça a compté. J’étais sollicité par d’autres clubs mais j’ai fait le choix du cœur. » La joie de voir l’enfant du pays prolonger touchait également les dirigeants et le staff, notamment l’entraîneur Arnaud Cormier renouvelant toute sa confiance en celui qu’il a désigné capitaine pour les derniers mois de compétition : « Tout le monde a pu se rendre compte de l’importance de Guillaume pour moi. Je compte sur lui pour la saison prochaine et le projet que l’on a ensemble. Il fera partie des joueurs sur lequel je vais m’appuyer pour essayer de remonter en Ligue 1. » Tout semblait donc repartir dans un climat de parfaite harmonie et ambition commune entre le numéro 21 et les Sangs et Or occidentaux pour 2010-2011, mais la DNCG est venu lâcher une énorme bombe du côté de La Pinardière –centre d’entraînement du club- à l’orée de la nouvelle saison officielle. Suite à sa relégation, le club qui a dégraissé en vendant Le Tallec (Auxerre) ou Maïga (Sochaux) encore avait convenu avec les autorités du football français d’afficher une masse salariale ne dépassant pas les 4,4 millions d’euros : avec la prolongation de Loriot, celle-ci avoisinait les 4,6… Le nouveau contrat n’a donc pas été homologué ! Classant ainsi de fait le joueur au rayon des chômeurs du ballon rond hexagonal…
« La transparence financière n’est pas récompensée et les règles dans le football français ne sont pas les mêmes pour tous. » H.Legarda
La colère a évidemment était colossale au sein de la direction sarthoise, à l’image du chargé de communication Guillaume Bertel : « La DNCG n’a rien voulu attendre. La situation est absurde. On est sur un litige de 200 000 euros soit une goutte d’eau par rapport au budget du club et ses recettes. On est convaincu qu’on verra à la fin de la saison qu’on avait les moyens de s’offrir Guillaume. » Le son de cloche raisonne également dans les graves tonnants du côté d’Henri Legarda, le président : « C’est un sentiment d’injustice qui nous habite aujourd’hui. Nous constatons avec amertume que la transparence financière n’est pas récompensée et que les règles dans le football français ne sont pas les mêmes pour tous. A l’heure où le déficit total des clubs atteint 180 millions d’euros, les autorités ont voulu faire un exemple en sanctionnant Le Mans FC. » Le club du Perche et le joueur ont bien évidemment usé de tous les appels possibles et inimaginables pour faire métamorphoser la décision, notamment auprès du CNOSF –le tribunal du football français en quelque sorte- mais rien n’y a fait. Dépité de n’avoir pu rester au Mans sur une telle décision, il avait déclaré fin-août : « Ma situation ici semble bloquée puisque le CNOSF donne raison dans son jugement à la décision de la DNCG. Avec mon agent, on a donc décidé d’anticiper pour l’avenir. Je suis maintenant en contact avec plusieurs clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. » Notamment Valenciennes, qui a donc finalement soulagé le Manceau éternel de cœur, mais dorénavant plus de club…
« Mon dossier à la DNCG n’est pas passé et le Président Legarda m’a dit qu’il me laissait partir sans problème. » G.Loriot
Décidé à maintenant se jeter corps et âmes dans les projets du VAFC, il est revenu sur le site officiel du club de Francis Deccourière sur son été agité, et particulièrement sur sa délivrance et grande joie de rejoindre un club montant de la Ligue 1. « Samedi dernier, j’ai eu des contacts avec le coach. Il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un au milieu de terrain et qu’il était intéressé par ma venue. J’étais intéressé aussi. Les deux présidents se sont contactés mais le Président du Mans a refusé toute proposition, il a dit qu’il voulait me garder en attendant que mon dossier de prolongation de contrat au Mans repasse devant la DNCG mardi. Cela s’est arrêté là, j’ai vu que Valenciennes était sur un autre milieu, forcément. Et en début de semaine, mon dossier à la DNCG n’est pas passé et le Président Legarda m’a dit qu’il me laissait partir sans problème. On a donc recontacté Valenciennes et ça s’est fait », raconte ainsi celui qui retrouvera d’autres anciens co-équipiers connus dans la Sarthe tel que Mamadou Samassa –formé au Mans et partit à Marseille en 2008– ou Mathieu Dossevi –arrivé lui aussi cet été.
Tout est bien qui finit bien donc pour Loriot, mais quelle histoire pour l’enfant du pays des rillettes qui aurait sûrement préféré quitter ses racines d’une façon quelque peu moins brutale et déchirante ! Il a désormais probablement encore le cœur à l’Ouest, mais la tête bien au Nord, à VA !









[...] Voir la source 5 Sep 2010 Auteur : bagou Pas de commentaires Publié dans Brève Laisser un commentaire [...]