Denoueix croit en Lille, Baup et Perrin un peu moins
Par Charles Turcant le 06 fév 2010, dans Non classé
Le quotidien L’Equipe a enquêté ce samedi auprès de trois consultants Canal + sur la course au titre. Si Perrin et Baup sont mesuré, Denoueix croit sérieusement en Lille.

Jusqu'où peuvent aller les Dogues ? Chacun son opinion... Crédit photo : JBA
Alors que la seconde partie de saison est tout juste en phase de commencement, le sprint et le sacre final brûlent déjà sur toutes les lèvres. Du moins sur celles de beaucoup. On se demande notamment si Bordeaux peut encore être dévié de la route menant à son deuxième titre de champion consécutif. Certes l’écart se maintient, et s’est même resserré de deux points le week-end dernier avec Montpellier et Lille, mais les autres grosses équipes que l’on pouvait imaginer concurrentes sont à la peine… Cependant, selon Alain Perrin, « des équipes comme Marseille et Lyon restent capables de faire de très bons parcours qui placeraient vite Bordeaux sous la menace.» Elie Baup confirme « vu la qualité individuelle des joueurs, ce sont des choses qui peuvent se mettre en place assez rapidement. Lyon est en train de recréer une dynamique. C’est parfois un petit détail qui fait que la machine s’enclenche mieux, un grain de sable qu’on enlève et qui relance tout. »
« Lille est capable de parcours exceptionnels, mais… »
Et concernant les autres équipes en haut de tableau, comme le LOSC, qu’en pensent les deux anciens entraîneurs de Saint-Etienne ? «Des équipes comme Lille sont capables de parcours exceptionnels mais il sera difficile de faire plus que ce qu’elles ont fait, pense Perrin. Dans un sprint final, gérer la pression d’un bon classement à défendre, c’est un effort particulier.» «Un effectif doit être habitué à ça, laisser la pression s’installer, ne pas s’enflammer quand ça va bien», assure Baup. « Ne pas s’enflammer », c’est ce que n’ont cessé de répété les Lillois durant leur phénoménal mois de décembre. Et Raynald Denoueix en a conscience… L’ancien entraîneur de Nantes, contrairement à ses collègues de Canal +, voit en Lille une plus grande menace pour Bordeaux que les deux olympiques. « Bordeaux n’est pas encore champion, car il reste un paquet de matches et les Girondins sont engagés sur tous les fronts. Leurs adversaires ont pas mal de possibilités pour espérer les rattraper. »
« Une équipe qui arrive à maturité, un club qui fonctionne pas mal, et surtout, une capacité à marquer à tout moment »
Après avoir évoqué la Champions League qui pourrait occuper une place importante dans les esprits bordelais, Denoueix a, à son tour, abordé les autres possibles prétendants au titre. « Tous les autres clubs évoluent pour l’instant avec leurs irrégularités. A Lyon et Marseille, c’est difficile de savoir vraiment ce qui coince. Il y a plusieurs petites choses qui ne vont pas sur un match, qui sont réglées au match suivant, et c’est là qu’un autre problème surgit. Ce ne doit pas être très facile pour les entraîneurs. » Tandis que « Lille, en revanche, est capable de reproduire ce qu’il a déjà fait. Et cette équipe a l’avantage d’avoir faim. Il y a longtemps que le club n’a rien gagné. » Le natif de Rouen a détaillé son opinion sur l’équipe de Rudi Garcia : « On a une équipe qui arrive à maturité, un club qui fonctionne pas mal, et surtout, une capacité à marquer à tout moment, qui est essentielle dans ce débat-là . Défendre, une équipe est toujours capable d’y arriver. Mais savoir qu’on va pouvoir marquer, pas seulement par le collectif, mais aussi parce qu’on a les joueurs qui peuvent débloquer une situation, ça donne des ailes. Les joueurs le savent. Lille est diabolique de ce point de vue-là . Mentalement, c’est une équipe assez libérée, qui n’a pas d’obligation ”à la con”, de gagner ou de jouer la Ligue des champions. »
« Je suis sûr que les joueurs y croient »
Et concernant cet esprit visant à ne pas s’enflammer, le coach champion de France en 2001 avec Nantes analysait « Je suis sûr que depuis la victoire de Lille contre Bordeaux (2-0), les joueurs y croient. Ils y croient forcément. Même si la route est longue, ils peuvent se dire : pourquoi pas ? Evidemment. » Pour conclure, Denoueix indiquait que « selon (lui) », plus que la qualité du banc de touche, c’était « l’équipe type qui s’installait au fil du temps qui était primordial. (…)Et là , Marseille et Lyon ont encore des interrogations alors que Bordeaux et Lille en ont dégagé une. Avec treize ou quatorze joueurs, ils sont sûrs d’avoir un certain niveau. Sur le banc, je dirais qu’il y a ce qu’il faut chez les quatre. Mais une nouvelle fois, ce n’est pas le problème. »
« La vérité du terrain répondra mieux que quiconque à ces questions » souriait Denoueix. Le LOSC le sait et, au-delà du soutient de cet amoureux du football, c’est sur les performances qu’il faudra s’appuyer. Et si elles sont bonnes…










